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01/03/2011

The Island of Dr Moreau : au tiers du livre

Wells est un grand metteur en scène, il est impossible de le nier.

Quant on se plonge dans la lecture d'un ouvrage dont l'intrigue a été éventée depuis plus d'un siècle, il faut savoir faire abstraction de ce détail pour en apprécier les surprises (qui n'en sont plus) et les rebondissements (connus d'avance). Cependant, même si je regrette de ne pas aborder cet récit avec un esprit vierge, j'apprécie les petites touches par lesquelles Wells installe l'impression de malaise suscitée chez le narrateur par l'étrange apparence des habitants de l'île.

Ce n'est qu'au tiers du livre (justement) qu'il commence à soupçonner la terrible nature de ces « sauvages difformes ». L'aurais-je soupçonné bien avant, si j'avais été une lectrice de 1896, privée de la chance de se nourrir de lectures fantastiques depuis l’enfance ?

La nécessité de se replacer dans le contexte historique du livre est importante. L'intrigue se situe dans un monde où la vivisection pour « le bien de la science » n'était pas considérée comme un crime moral - ce qui rend le personnage de Moreau, chassé d'Angleterre pour avoir montré une cruauté excessive, d’autant plus sinistre. Au tiers du livre, il demeure une figure mystérieuse, que le lecteur n’a encore fait que croiser.

Le héros lui-même ne vibre pas – à mon sens – d’un humanisme débridé. Mais il faut encore une fois se souvenir qu’à cette époque, le politiquement correct n’imposait pas encore sa chape morale, et qu’un naufragé ayant réchappé de justesse à un sort terrible pouvait plus s’inquiéter  de sa sécurité parmi de bizarres autochtones que de la condition de ces derniers – qui ne semble pas plus mal traités, en fait, que bien des autochtones totalement humains.

La terrible découverte du narrateur va-t-elle changer son regard ? De quelle façon ? Réponse dans quelques pages...

28/02/2011

Retour aux classiques : The Island of Doctor Moreau

L'acquisition de mon PocketBook IQ (autrement dit, de ma tablette tactile/liseuse) m'a redonné le goût de la lecture. Du moins de la lecture de classiques distribués gratuitement sur Project Gutenberg et autres sites de littérature libre de droit. Certains diront que je ne travaille pas pour la survie de l'édition. Mais au moins, je travaille pour la sauvegarde de mon porte monnaie et mon plaisir pur.

Après avoir savouré The Sea Hawk, roman d'aventure de l'auteur italo-britannique Rafael Sabatini (l'auteur des inoubliables Scaramouche et Captain Blood), redécouvert la plume savoureuse de Paul Féval (père du Bossu) en me plongeant dans la Fée des Grèves,  puis être revenue à mes vieilles amours à travers The Valor of Cappen Varra de Poul Anderson et sa fantasy inspirée des légendes nordiques, j'ai décidé de "lire sérieux".

Oui.

Moi.

En tant qu'amatrice de romanesque et de romantisme, je dois avouer que la plume de Wells n'exerce pas sur moi une irrésistible tentation : je la crains un peu trop "rationnelle" pour me faire vibrer. Je suis prête à reconnaître sans même l'avoir lu le génie d'un homme dont je ne connais l'œuvre qu'à travers ma culture générale et des adaptations filmographiques plus ou moins réussies (parfois même moins que plus, mais je n'élaborerai pas...). Cependant, The Island of Doctor Moreau m'attire autant par son propos, que parce que cet ouvrage me semble un passage obligé pour pouvoir aborder certaines thématiques à venir dans Paradis XXIV.

Je ne nierai pas avoir souri face aux artifices typiques de l'époque de rédaction : notamment, un narrateur qui prétend avoir retrouvé le récit de l'aventure dans les papiers d'un vague oncle... Mais je dois avouer que dès les premières pages, je me suis trouvée happée par l'intrigue - même si j'en connais, dans les grandes lignes, la teneur.

A suivre donc.