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23/03/2011

Infernaliana

Les Infernaliana de Charles Nodier (1780-1844) constituent un petit ouvrage si rapide à consommer que je n'aurai même pas pu faire un point en cours de lecture... c'est ballot !

Mais revenons à plus de dignité. Étrangement (ou peut-être pas compte-tenu de mon cursus), je connais surtout Nodier comme bibliothécaire de l'Arsenal et co-fondateur du Bulletin du bibliophile (cours d'histoire du livre et des bibliothèques oblige !). Auteur très prolifique, Académicien, il ne fait pourtant pas partie des "grands" retenus par l'intelligentsia intellectuelle et enseignante actuelle : il est donc difficile de retrouver trace de ses écrits.

Que sont les Infernaliana ? Exactement ce que l'auteur annonce :

"ANECDOTES, PETITS ROMANS, NOUVELLES ET CONTES SUR LES REVENANS, LES SPECTRES,
LES DÉMONS ET LES VAMPIRES" [sic].

Et c'est le produit annoncé. Quelque chose au croisement de l'ouvrage d'antiquités (au sens ancien du terme), des curiosités, de l'anthologie et du recueil de nouvelles... Certaines anecdotes sont réduites à leur minimum (comme il se doit), tandis que d'autres récits se déploient en véritable contes, certains sont même liés par une intrigue commune (dans tous les sens du terme) : des voyageurs échangent leurs expériences... pour finir par vivre ensemble une nuit effrayante.

Tout d'abord, ce qui frappe quand on débute la lecture, c'est l'avertissement de l'auteur, dans le style : "Bien sûr, tout ceci n'est que croyances et superstitions ridicules". Lointain ancêtre de ce que seront les "disclaimers" du futur : "Ancun vampire n'a été blessé etc.". je me demande confusément si ce monsieur fort sérieux vivait lui aussi dans un monde où l'imaginaire était mal vu... mais ma culture historique me dit plutôt que pour l'érudit, l'homme éclairé, la croyance est la superstition restent le domaine du rustre, mais le surnaturel garde toute sa fascination.

Cela dit, le fait que souvent, les récits soient narrés à la première personne (fictionnelle) sans présentation ni transition rend le propos troublant. Même si la dérision et l'analyse sociologique pointe une ou deux fois son nez. Il faut aussi noter que Nodier excelle dans l'art d'admettre ses sources sans les citer, ou alors de façon si brouillonne qu'on ne sait plus trop où l'on en est. Monsieur Nodier, de votre temps, la profession avait encore à apprendre semble-t-il ! ;)

Cependant, le tout est agréable et offre nombre de synopsis éventuels pour l'écrivain en mal d'inspiration. Et nous rappelle une nécessité absolue : n'allez nulle part sans un crucifix !

Télécharger l'ouvrage sur Project Gutenberg.

 

cavalier_de_l_apocalypse.png

Image :
Honoré Fragonard, Le Cavalier de l'Apocalypse,
collections de l'École vétérinaire de Maisons-Alfort

 

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