Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/03/2011

The Island of Dr Moreau : au milieu de l'histoire

J'avais arrêté mes dernières réflexions juste avant que les choses ne s'excitent. Littéralement. Poussé à la panique par une supposition erronée (comme si la vérité n'était pas suffisamment sinistre), Prendick, le narrateur, prend la fuite et en vient à découvrir la société des hommes-bêtes. 

En plus d'un siècle, il y a sans doute de dizaines, des centaines de critiques qui ont analysé l'ouvrage dans tous les sens... Et n'étant pas une littéraire, ni une philosophe, je vais me garder de me lancer dans le déchiffrage d'une éventuelle parabole. J'en resterai donc au niveau de l'émotion, car c'est ce que les savants littérateurs ne traitent généralement que de façon superficielle.

Horreur, dégoût, répugnance et fascination, le tout baigné dans une ambiance hallucinée, surréaliste.

Bien entendu, ces pauvres créatures déformées, ignorantes, avilies par leurs instincts, parodies d'êtres humains jusque dans leur obéissance quasi-mystique aux règles instaurées par Moreau, reflètent la condition humaine : sommes-nous si différents quand on y réfléchit ? Néanmoins, encore une fois, je trouve que Wells ne leur a vraiment rien laissé. Aucune once de beauté ou de dignité... pas seulement parce que ce ne sont que d'affreuses chimères, mais aussi parce qu'aucune qualité intrinsèque ne semble être reconnu à l'animal, souvent désigné en version original par le mot "brute".

C'est à la moitié de l'ouvrage que l'on approche enfin la figure de Moreau, icône de la science sans conscience qui se livre à la démiurgie, de façon d'autant plus répugnante que son procédé reste limité aux connaissances du temps : mélange de chirurgie (plus spécifiquement de vivisection) et de "dressage". Bien entendu, cela ferait bondir de nos jours n'importe quel éthologue, mais ce côté obsolète renforce le côté fantstique en affaiblissant le réalisme scientifique.

Une dernière réflexion sur Prendick cette fois : ce narrateur me fait souvent l'effet d'un "non-personnage", dans le sens où sa personnalité ne semble présenter aucun relief particulier. Il ne possède pas d'âge, pas d'apparence, juste un très vague passé. C'est un narrateur auquel on s'identifie, mais auquel on peine à s'attacher, au bénéfice de l'intrigue, sans doute... 

Suite au prochain épisode !

 

Les commentaires sont fermés.